Compte rendu de  Plancha projet AUNIS BIOGAZ

Malgré la météo tempétueuse de ce troisième jeudi de janvier (le 18) , la Plancha a réuni 45 personnes dont une petite moitié d’intervenants et d'organisateurs.

Toutes les structures invitées, Société Aunis Biogaz, Cyclad, Méthadoux, Nature Environnement 17, Défi Énergie 17 ont eu la possibilité et le temps de s’exprimer pleinement.

les habitants-tes présents-es ont reçu des réponses à leurs interrogations. Un élu de la Ville de Surgères municipal était également présent.



Les représentants de la SAS Aunis Biogaz ont présenté les aspects techniques et financiers du projet, les avantages qu’ils tireront de cette installation, l’intérêt écologique, ainsi que l’intégration de l’installation pour les riverains (Odeurs, circulation, risque).

Le projet répond à l’intention des pouvoirs publics, qui par la loi sur la transition énergétique, incite les éleveurs a développer des projets de production de biométhane.

La collecte de la biomasse ainsi que le retour du digestat se feront dans un rayon de 15 km autour de l'installation, située sur la zone d’activité de la Combe au nord de Surgères.

  1. L’installation produira, du bio-méthane (1,8 million de Normo mètres cube soit 18 millions de Kwh) directement injecté sur le réseau du gaz de la ville de Surgères. En plus de l’intérêt écologique qui va dans le sens de la diminution des émissions de CO2, l’installation permettra une augmentation et une diversification des revenus des agriculteurs associés, et par conséquent le maintien de l’activité d’élevage qui souffre de la faiblesse des cours d’achats de leur produits (lait,viande). Ceci n’étant pas sans répercutions sur le dynamisme de l’économie locale (laiterie/abattoir/ENILIA).

  2. L’installation permettra au agriculteurs/éleveurs de valoriser des fumiers, des lisiers, des inter-cultures en digestats dont les qualités agronomiques sont améliorées par la méthanisation. La conséquence directe sera la diminution des intrants d’origine chimiques utilisés en agriculture.

    Cela implique : une économie pour les agriculteurs sur leur achats d’engrais, une diminution des émissions de CO2 lié à la diminution des besoins en engrais minéraux d’origine industrielle, une diminution de l’émission du méthane émis dans l’atmosphère par captation du méthane contenu dans les fumiers et lisiers.

  3. ODEURS : L’installation est particulièrement prévue pour éviter les risques d’odeurs : Camions bâchés et citernes étanches pour l’approvisionnement en fumier et lisier du méthaniseur, enceinte fermée et atmosphère en dépression pour le déchargement des déchets, filtres. Étude préalable sur les odeurs avant le démarrage de l’installation. CIRCULATION : 10 camions par jour, jamais la nuit, utilisation de la rocade. L’augmentation de la circulation de camion autour de Surgères sera de 1 %. EXPLOSIONS : risque faible, danger équivalent à celui d’une réserve domestique de fuel.

  4. L’investissement financier est de 8,5 M€.

    Il est assuré pour 1M€ par l’ADEME, pour 1M€ par la région, pour 450 K€ par l’agence de l’eau Adour/Garonne, pour 500 K€ par Cyclad (apport d’environ 40 % au capital de la SAS AUNIS BIOGAZ), 800K€ par les agriculteurs/éleveurs apportant la matière au méthaniseur (apport d’environ 60 % au capital de la SAS AUNIS BIOGAZ), le reste est financé par emprunt bancaire. Le tarif de rachat du Bio-méthane est de 10 ct€ par Kwh, soit un chiffre d’affaire annuel de 1,8 M€ pour un temps de retour sur investissement de 10 à 12 ans. Nous avons remarqué que l’incitation financière (subvention/tarif rachat du gaz) pour le développement des projets d’énergie renouvelable est particulièrement intéressante pour les porteurs de projets. Défi Énergie 17 remarque que l’incitation est du même ordre pour les particuliers qui équipent leur habitat en panneaux photovoltaïques en vu de vendre l’électricité produite. Par ailleurs une étude réalisée par Défi Énergie 17 montre l’évolution de la facture énergétique d’un foyer pour les 30 années à venir, elle sera multipliée par 3 à cause de la raréfaction est de l’augmentation des prix des énergies fossiles. Donc si le gaz produit par des installations de méthanisation est plus cher aujourd’hui que le gaz fossile il y a lieu de penser qu’elle le sera moins dans les années avenir.

    Toutefois le financement de l'opération n'est pas bouclée puisque les banques n'ont pas encore validé les lignes de crédit....
    Pour plus de détail sur le projet : http://aunis-biogaz.com/


Le président de CYCLAD nous a présenté l’intérêt pour le syndicat de traitement des ordures ménagères d’investir dans des projets de méthanisation : CYCLAD dispose d’un gisement de déchets verts très important dont le coût de traitement est élevé (37€/tonne ). Les tontes de pelouse sont des déchets intéressants pour la méthanisation et permettent de les valoriser (coût de traitement nul au lieu de 37€/tonne + dividendes SAS AUNIS BIOGAZ). 2000 tonnes de tontes seront apportées à la plateforme de méthanisation de Surgères. Le président souligne que CYCLAD a vocation à soutenir d’autres projets de ce type sur son territoire d’action.


A la question d'une éventuelle participation de la CDC Aunis Sud, son Président présent a répondu par la négative : la CDC n'a pas cette compétence et est aujourd'ui engagée dans d'autres importants projets....



Un porteur du projet de méthanisation METHADOUX et représentant local de l’association ÉNERGIE PARTAGÉE nous a présenté …



  1. METHADOUX est un projet territorial de traitement et de valorisation des matières organiques biodégradables. Ce projet agricole, collectif et écologique regroupe 10 exploitants dans un objectif d'autonomie et de résilience. La collecte de la biomasse ainsi que le retour du digestat se font dans un rayon de 10 km autour de l'installation, située à Saint Soulle.
    Le financement : 35 % société AgroMéthane dans le capital de laquelle participe la CIGALES* GAZPART qui s’est constituée à l’origine pour le soutien de METHADOUX et les agriculteur apporteur, 34 % par Bio Méthanisation Partenaire (acteur de la méthanisation en France avec deux sites en production et plusieurs en développement),16% par Énergie Partagée Investissement, 15 % de la SAS sont détenus par Idex.

    methadoux.fr

  2. Énergie Partagée essaime, accompagne et finance des projets citoyens de production d’énergie renouvelable. Pour accomplir ces missions, le mouvement s’organise en deux structures complémentaires : une association de promotion et d’animation et un outil d’investissement citoyen.
    https://energie-partagee.org/

*Club d’Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale de l’Épargne Solidaire


Le président de Nature Environnement 17 nous a présenté le point de vue de son organisation :

Il a rappelé que le processus de méthanisation est vieux comme le monde (nous remarquons que c’est un procédé de même nature qui a transformé en plusieurs millions d’années de la biomasse en gaz, pétrole, charbon, il se produit naturellement dans les marais, il est utilisé couramment par par l’homme avec des moyens rudimentaires).

Il est nécessaire que la ressource en en fumier et lisier soit largement disponible sur le territoire afin que la finalité de l’élevage ne soit pas de produire de l’énergie mais bien d’élever des animaux. Nous remarquons que c’est le cas du projet qui nous intéresse.

Il dit que le procédé de méthanisation est un bon système pour traiter les lisiers de porcs en excédant et qui ne peuvent pas être mis en l’état sur les champs sous penne de polluer les nappes phréatiques, mais que par ailleurs l’outil de méthanisation risque de pérenniser la pratique des élevages hors sol. Pour NE17 les porcs devraient être élevé sur paille et les vaches au près au moins une partie de l’année.

Il nous a partagé son inquiétude quand aux menaces de l’agriculture conventionnelle sur la biodiversité et la ressource en eau. Il a rappelé que les deux captages d’eau potable de Saint Georges du Bois et de Surgères ont été fermés faute d’avoir été protégés des pesticides et autres intrants de l'exploitation agricole conventionnelle.

www.nature-environnement17.org/



Nous avons introduit cette Plancha Citoyenne avec une devise de Spinoza :

Ne pas se moquer

Ne pas se lamenter

Ne pas se détester ; mais comprendre....

Effectivement il nous importe de proposer un espace citoyen où il est possible de rencontrer l'Autre et les divergences d'idées...


Notre intention n'est pas d'animer de la discorde mais de permettre de la compréhension mutuelle.

Rechercher et/ou fabriquer du consensus n'est pas non plus notre objectif. Il s'agit plutôt d'éveiller notre citoyenneté et ainsi être susceptible de contribuer aux réflexions concernant notre environnement social, environnemental, économique et politique.


A l'occasion de cette « explication » des porteurs du projet de plateforme de méthanisation, nous avons été quelques'uns-es à repérer que notre territoire, et nos élus communautaires, avait l'obligation de contribuer au développement de production d'énergie alternative au nucléaire.

( cf : http://www.gouvernement.fr/la-transition-energetique ).

Nous sommes tous concernés par cette Loi de Transition qui impacte différents aspect de notre vie quotidienne : habitat, production d'énergie, déplacement, gestion des déchet.

Dans ce projet porté par des acteurs de l'activité agricole le financement n'est pas « ouvert » aux citoyens-ennes.

Nous sommes quelques'uns intéressés par des formes citoyennes d'économie qui intéressent directement notre territoire et sa qualité de vie.

Notre objectif est d'être des« partenaires » responsables et actifs des élus dans cet objectif concernant l'obligation de rentrer dans un autre « modèle » avec cette Loi de Transition....


La Plancha du mois de février va s'intéresser à l'Eolien....Sujet « brûlant » sur notre territoire (cf article et dossiers de presse locaux).

La question est bien de mieux connaître les différentes positions tout en resituant cette source d'énergie dans cette obligation de transition énergétique....